Un jeu sérieux pour élaborer des scénarios de prévention et de gestion des zoonoses : exploration de la méthode sur l’exemple de la fièvre Q
Le projet propose une démarche pour faciliter la démocratie sanitaire en faisant dialoguer des acteurs concernés par les zoonoses autour de la construction d’un jeu sérieux et d’une bande-dessinée.
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Conception d’ouvrage de protection contre les risques torrentiels sur le Cheekye
Trapping large magnitude debris flows induced by massive rock avalanche collapses: Cheekye debris barrier, Squamish (British Columbia, Canada)
À proximité de Vancouver, sur la côte ouest-canadienne, la rivière Cheekye connaît épisodiquement des laves torrentielles de très fortes magnitudes induites par des effondrements en altitude. De tels effondrements impliquant des volumes de plusieurs millions de m³ ont eu lieu dans la région (Mount Meager, 2010 ; Joffre Peak, 2019). De nombreux travaux scientifiques démontrent qu’un événement majeur du même type peut survenir à tout moment dans la rivière Cheekye. Des modélisations ont montré que le phénomène menace le quartier de Brackendale de la ville de Squamish ainsi que la Highway 99 qui relie Vancouver à des stations touristiques telles que Whistler. Le risque est considéré comme trop élevé selon les standards de l’État de ColombieBritannique et des mesures de réduction s’imposent.
Une quinzaine de stratégies différentes ont été étudiées dans l’objectif d’atténuer les risques associés à un tel événement. Une analyse multicritères a démontré que la solution la plus pertinente serait un barrage filtrant visant à piéger la quasi-totalité de la lave torrentielle de période de retour 10 000 ans. L’ouvrage en question serait le plus grand piège à laves torrentielles d’Amérique du Nord.
Notre appui a été sollicité du fait des dimensions hors normes : 2 400 000 m3 de lave torrentielle qui doivent être piégés dans un ouvrage d’environ 30 m de haut. Les ouvrages de sédimentations du même type en France sont généralement 100 à 1 000 fois plus petits, les plus gros ouvrages français restent 10 fois plus petit que la Cheekye barrier. Les barrages filtrants dédiés au piégeage des laves torrentielles sont rares en Amérique, les spécialistes nord-américains manquent donc de recul sur la conception de tels ouvrages. Ces ouvrages sont par contre régulièrement utilisés en Europe et au Japon. BGC Engineering, le bureau d’étude en charge de concevoir l’ouvrage, a donc sollicité l’appui des chercheurs de l’unité de recherche ETNA d’INRAE qui avaient publié des travaux de recherche remarqués sur la question ces dernières années et qui animent des groupes de travail internationaux sur ces questions.
Les scientifiques ETNA ont aidé à affiner la conception fonctionnelle de la barrière : son type, sa forme et ses principales dimensions. Un outil de modélisation spécifique a été développé pour l’occasion afin de caractériser le fonctionnement de l’ouvrage en termes de stockage et de relargage en fonction des débits entrants et des taux d’obstructions des différents organes hydrauliques. Au-delà de leur connaissance du fonctionnement de ces ouvrages, ce développement a été l’occasion de mettre en application des méthodes de propagation d’incertitudes possibilistes, particulièrement adaptées à la faible quantité de données disponibles et aux nombreux doutes qui persistaient.
La mission d’appui à BGC Engineering, important cabinet de consultants nord-américains, a porté sur la conception de cet ouvrage de protection contre les risques torrentiels sur la rivière Cheekye.
Les résultats de cette expertise essentiellement menée avec BGC Engineering et divers organismes locaux restent confidentiels et ne peuvent être diffusés.
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Colombie – barrage d’Ituango en péril : mission d’urgence pour l’ONU
21 mai au 3 juin 2018
Le 18 mai 2018, le Comité français des Barrages & Réservoirs (CFBR) avait sollicité ses membres pour une mission d’expertise internationale d’urgence sur un grand barrage (>200m de hauteur) en péril en Colombie où plus de 25 000 personnes avaient été déplacées vers des zones plus sûres et où 130 000 habitants étaient menacés.
Les autorités colombiennes avaient lancé un appel à l’aide internationale au niveau de l’ONU et de l’Union européenne.
L’ERCC, cellule européenne de gestion de crise, avait ensuite relayé la demande en France auprès du Centre opérationnel de gestion de crise (COGIC, ministère de l’Intérieur) et au Centre ministériel de veille et d’alerte (CMVOA, ministère de l’Environnement).
Après instruction et coordination expresse d’INRAE, et prise en charge par l’Union européenne, Claudio Carvajal était accueilli le 21 mai à Medellín par l’équipe locale des Nations Unies en charge de la logistique et de la sécurité.
Ainsi, une équipe de quatre experts a été constituée par le Bureau de l’environnement des Nations Unies (ONU).
Ces experts ont proposé une analyse et une série de recommandations qui seront prises en compte dans les processus de stabilisation du projet (spécialistes en barrages, en conception hydroélectrique, en géotechnique et en géologie).
Le travail de Claudio Carvajal a été vivement apprécié. Il convient de préciser qu’en matière de modélisation, il était soutenu par ses collègues chercheurs restés en France.
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Géorgie : impact d’un barrage hydroélectrique sur les populations de poisson
Barrage cascade de Namakhvani sur la rivière Rion
Recueil de projets d’expertise internationale à INRAE27 En 2017, l’antenne locale du groupe norvégien Clean Energy Group, Georgia 1 prévoyait d’investir en Géorgie afin de développer un projet de cascade hydroélectrique au barrage de Namakhvani, sur la rivière Rioni, municipalités de Tskhaltubo et Tsageri. Ce projet anticipait de maintenir un débit minimum de 10% du débit moyen annuel, mais sans base scientifique préalable. Clean Energy Group a donc conclu un accord avec SRL Consulting (Grenoble) pour combler cette lacune avec des études complémentaires sur les aspects environnementaux et sociaux du projet. Pour la partie études d’impact du projet sur l’habitat piscicole et les populations de poissons, ce cabinet de consultants a lui-même choisi de déléguer et c’est Hervé Capra du laboratoire Dynam (alors unité MALY), à Lyon qui a été mandaté.
Les espèces de poissons avaient été recensées lors d’une précédente étude en 2015 : sur huit espèces répertoriées, certaines endémiques, quelques-unes figurent sur la liste rouge géorgienne. Mais l’étude n’avait pas pris en compte l’impact probable du barrage existant en aval sur les populations de poissons, notamment migrateurs, faute de dispositif de franchissement.
- L’objectif de l’expertise d’Hervé Capra était donc de :
- décrire l’habitat du poisson de rivière affecté par la présence et l’exploitation des deux barrages/réservoirs ;
- évaluer les effets des 2 systèmes hydroélectriques sur la répartition des espèces de poissons dans la rivière Rioni ;
- justifier le débit environnemental défini en aval du barrage de Namakhvani ;
- proposer des mesures d’atténuation, de compensation ou d’amélioration de la gestion des débits par éclusées.
- Enka, le nouvel entrepreneur prévoit la mise en service du barrage de Namakhvani en 2018.
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Érodabilité des sols par essais HET et JET
HET = Hole Erosion Test vs. JET = Jet Erosion Test
La plupart des ruptures d’ouvrages hydrauliques étant attribuées à l’érosion interne des ouvrages, le centre Flanders Hydraulics Research [(FHR) de Flandre en Belgique], souhaitait disposer d’outils pour évaluer la sûreté des digues maritimes et fluviales de l’Escaut comme du projet de confortement et rehausse de ces digues.
Stéphane Bonelli et Sylvie Nicaise de l’unité RECOVER ont été sollicités pour coordonner les tests d’érosion. Les essais expérimentaux se sont déroulés au laboratoire de Géomécanique de l’unité RECOVER ainsi que sur le terrain, en Belgique. Ils ont été réalisés sur différents bancs d’essai selon leur typologie, ex. : JET pour la surverse, HET pour l’érosion de conduit, CET pour l’érosion de contact… Les conclusions ont validé le choix des outils adaptés en fonction des différentes contraintes.
Ces outils qui permettent d’améliorer l’analyse du risque d’érosion interne, répondent à une attente et sont susceptibles d’aboutir à un développement international.
Cette expertise a été intégrée aux projets du FHR sur les digues de l’Escaut à l’issue du rapport sur la vulnérabilité d’un sol de digue à l’érosion interne et à l’érosion de surface. HET : Hole Erosion Test a été développé par Irstea JET : Jet Erosion Test relève de la norme ASTM1 D5852 (retirée en 2016)
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Barrage de Lom-Pangar (Cameroun)
Les travaux de recherche & développement menés sur l’érosion interne ont permis de réaliser une expertise innovante sur le plus grand barrage du Cameroun mis en eau en 2016 : le barrage de Lom Pangar, haut de 57 m et stockant 6 milliards de m3 d’eau pour l’hydroélectricité. Le groupement Coyne & Bellier1/ISL Ingénierie avait mandaté INRAE en 2014 pour réaliser des essais de laboratoire sur le sol de fondation du barrage afin d’apporter des éléments permettant de qualifier le risque d’érosion interne. Plus de 30 essais HET (Hole Erosion Test) ont été réalisés à Aix-en-Provence sur des matériaux prélevés au Cameroun au cours de la campagne de reconnaissances géotechniques d’avril 2014. Des procédures spécifiques ont été déployées pour réaliser des essais sur échantillons intacts, et pour intégrer les effets de la construction du barrage (augmentation de la densité) et du remplissage de la retenue (saturation). Les résultats obtenus ont alors permis de quantifier l’influence des paramètres importants sur l’érodabilité : la densité du sol sec, la teneur en eau et surtout la fraction de fines argileuse, permettant de distinguer les silts (gneiss altérés) et les argiles latéritiques. Ces résultats ont ensuite été utilisés pour le diagnostic du risque d’érosion interne de la fondation. Il s’agirait de la première analyse de ce niveau déployée sur le sol de fondation d’un grand barrage avant sa construction.
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Expertise : bassin versant du fleuve Hai he : Phase 3
Project: Recommendations for design, management and monitoring of constructed wetlands in Haihe watershed
AFD – FEXTE – Office international de l’Eau
L’accès à l’eau figure parmi les préoccupations majeures de la Chine qui possède seulement 7 % des ressources en eau de la planète pour un cinquième de la population mondiale.
La localisation de ces ressources est par ailleurs inégale : abondante dans le Sud, l’eau manque dans l’Ouest et le Nord. Enfin, sa qualité est menacée par la pollution issue des rejets industriels, urbains et agricoles.
Dans le nord-est de la Chine, le bassin du fleuve Hai ou Hai he, couvre une superficie de 318 000 km² avec 130 millions d’habitants et fait partie des zones économiques les plus développées du pays, avec notamment Pékin et Tianjin.
Ce bassin avait été retenu, avec deux autres cours d’eau (Zhou, Luan), comme secteur pilote pour renforcer les compétences GIRE (Gestion Intégrée & Protection des Ressources en Eau) dans le cadre de l’accord de coopération conclu le 29 décembre 2009.
La participation d’INRAE à l’expertise sur l’ingénierie écologique fait suite à l’intervention de Julien Tournebize lors d’une formation auprès de la délégation de Hai he en 2014 pour le compte de l’OIEau. Cette délégation chinoise a été reçue par INRAE en octobre 2018.
Cette prolongation témoigne de la qualité des relations établies et montre une volonté réelle d’aller plus loin dans la coopération franco-chinoise sur la GIRE. Le projet d’ailleurs a été sélectionné pour recevoir, le ”Chinese Government Friendship Award”, remis par le Vice-Premier Ministre, M. Ma Kai, à l’occasion de la Fête Nationale chinoise.
Cette phase concerne : adaptation-résilience au changement climatique, lutte contre les pollutions ponctuelles et diffuses, gestion des écosystèmes aquatiques, restauration de milieux, réseaux de surveillance, systèmes d’information, gestion des lacs-réservoirs et schémas directeurs d’assainissement. Un volet économique financé par le FEXTE1 mis en œuvre par l’AFD prévoit des expertises complémentaires et l’expérimentation de technologies françaises en gestion de l’eau.
Cette composante « économique » proposée est « l’étude préparatoire pour la revue de la surveillance de la biodiversité et l’efficacité de l’épuration (capacité à éliminer les polluants) dans le projet de développement de zones humides artificielles dans le bassin de la rivière Hai ». Ce document présente les aspects techniques de ce dernier projet.
Les activités financées dans le cadre du projet FEXTE apportent une assistance et une expertise supplémentaires aux parties françaises afin d’identifier les futurs besoins d’investissement liés à la gestion des bassins versants ainsi que de développer des spécifications techniques pour les actions incluses dans les mesures programmées. Cela permet également de déterminer les technologies ou compétences pertinentes de la France. Cela pourrait intéresser les partenaires chinois.
Suite à la mission d’expertise d’avril 2014, celle de septembre 2017 était conjointe avec Biotope et missionnée par OIEAU.
Avec cet organisme, un rapport d’expertise avait été produit sur la régulation de la pollution diffuse et la biodiversité notamment de la zone humide artificielle sur le réservoir Juqiao. Le rapport a été remis à l’OIEau commanditaire.
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